Résumé
Le groupement de Kaniola situé dans le territoire de Walungu au Sud – Kivu en République Démocratique du Congo constitue l’un des théâtres des massacres et des exactions commis contre l’humanité de 1996 à 2008. Plus d’une décennie plus tard, les victimes sont toujours traumatisées parce que la prise en charge psychologique leur proposée ne couvre que leur un dixième.
La population de Kaniola a subi plusieurs abus parmi lesquels les meurtres sauvages, les prises d’otages, la torture, l’incendie des maisons et des individus, les fusillades en public et bien d’autres types d’abus qui sont jusqu’aujourd’hui gravés dans la mémoire collective. Au cours de la période de ces massacres, les viols et autres violences sexuelles ont été commis à l’égard des femmes et des filles plus que d’autres abus précités. Cette ignoble situation a déchiqueté le tissu social de la population, ce qui a conduit à des dislocations des foyers et au déplacement massif des populations vers des lieux inconnus. Les traces de ces abus sont encore visibles dans la société et suscitent la curiosité des observateurs avertis et soucieux de la réparation des préjudices causés aux victimes des viols qui ont réussi à survivre et qui continuent à se battre pour rétablir leurs liens sociaux.

Afin d’œuvrer pour la refondation du tissu social des survivantes dans le groupement de Kaniola, une étude exploratoire a été menée à Bukavu auprès des agents psycho sociaux par l’organisation Live to Help. Les traces de ces abus sont encore visibles dans la société et suscitent la curiosité des observateurs avertis et soucieux de la réparation des préjudices causés aux victimes des viols qui ont réussi à survivre et continuent à se battre pour rétablir leurs liens sociaux.
Au regard des résultats obtenus, dans la sphère sociale des survivantes des viols dans le groupement de Kaniola, seuls les enfants, l’association d’appartenance et quelques clients se rapprochent de la femme survivante pour la réconforter. Pour une fille survivante du viol, seuls les parents biologiques, les frères et les sœurs se rapprochent d’elle pour un réconfort et un soutien.
Pour analyser tous ces cas, les organisations internationales lançaient des programmes en faveur des victimes dans les hôpitaux pour soigner les dommages physiques du viol sans se pencher sur les dommages psychologiques. Cela poussait les victimes à revenir toujours vers les médecins avec des malaises qui n’étaient pas ostensibles mais qui étaient plutôt psychologiques. Les survivantes souffraient la plus part du temps de la peur latente, de la honte, du dégoût de soi, de la transpiration, de l’insomnie, des cauchemars, de la perte de mémoire, de l’agressivité, de l’anxiété, de l’angoisse et le repli de soi.

Il est vrai que certaines organisations nationales et internationales œuvrent pour la réintégration socio-économique des survivantes des viols dans le groupement de Kaniola, cependant leurs projets sont loin d’atténuer le malaise qui reste perceptible dans les milieux des femmes et des filles violées.
Le modèle construit de réparation du tissu social des survivantes se fonde sur les bonnes pratiques des membres de la communauté à l’égard de ces dernières, l’implication rationnelle des autorités politico administratives et le rôle crucial des agents psychosociaux.

Mots clés : Réparation, Tissu social, Survivante du viol, village de Kaniola.

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